Vues d'Esprits
Journal d'Informations sur les Arts Premiers
   
 
 
 
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__Notamment découverts en 74 avec l’exposition de J. Kerchache, les Lobi, situés au Burkina-Faso, ont depuis quelques années conquis leurs place dans les collections. Nombres d’ouvrages plus ou moins sérieux à leurs sujets sont depuis paru et s’il fallait en retenir quelques uns, nous citerions ceux de M. Père (“ les Lobi, tradition et changement ”, 1988), de Fiéloux, Lombard et Kambou-Ferrant (“ Images d’Afrique et Sciences Sociales : Les pays Lobi, Birifor et Dagara ”, 1993), et naturellement l’incontournable catalogue de la seule exposition qui leur a été consacrée et qui constitue encore aujourd’hui une référence indispensable, je veux parler du “ Kunst und Religion des Lobi ” par Piet Meyer en 1981.

__Daniela Bognolo, qui fait figure de référence en la matière, vient de publier un livre sur les Lobi qu’elle étudie depuis la fin des années 70.
__Lobi, collection “ Visions d’Afrique ” sous la direction d’Anne-Marie Bouttieux, 5 Continents Editions, est une étude sur la rigueur des grandes statues Lobi et de leurs formes parfois étranges et mystérieuses qui ne cessent de nous surprendre depuis leur apparition sur le marché au milieu des années soixante-dix. D’après D. Bognolo, cette société, parmis les plus complexes de l’aire voltaïque, a développé un art dont les sculptures évoquent au quotidien les images des prédécesseurs. La présence éternelle de l’esprit de ces derniers, reconnus comme ancêtres attitrés ou seulement comme ancêtres inachevés, constitue l’enjeu qui dirige la fabrication d’objets engagés dans la gestion des faits sociaux et religieux. Un livre qui servira de référence et de fil conducteur à tous ceux qui se passionne pour cet art.

Lobi
collection “ Visions d’Afrique ” sous la direction d’Anne-Marie Bouttieux
5 Continents Editions
29€


__Le Musée du Quai Branly a ouvert ses portes en juin 2006.A cette occasion, des personnalités du monde entier se sont réunies pour se livrer à une réflexion fondamentale sur l’avenir d’une telle institution.
__Qui possède les objets ? Quelle est la place de l’art contemporain dans un musée essentiellement dédié à l’art traditionnel ? Le musée est-il un espace laïque ou peut-il prétendre être un espace sacré ? Quel discours tenir sur les œuvres ? Comment aborder le problème de l’authenticité ? Comment mettre en valeur les patrimoines immatériels ? A quel public s’adresse t-on ?

__A toutes ses questions, des artistes, des conservateurs, des philosophes ou encore des écrivains on tentés d’apporter quelques éléments de réponses. A lire notamment le débat sur “ de combien de manière un objet peut-il être authentique ? A l’heure où beaucoup de personnes se posent des questions sur l'authenticité d'un objet, où dans des événements tels que “ Kaos ” ou encore “ Bruneaf ” sur la véritable fonction des comités d’experts plus ou moins impartiaux selon les personnes “ expertisées ”, il est bon de savoir que l’authenticité d’un objet n’est pas seulement liée à une patine comme à une date de “ récolte ”, qu’il peut-être authentique si il est légitime et faux si il ne l’est pas, il peut l’être si il est conforme à un style, à un type bien défini et faux si il ne correspond pas, ou bien si il sort des canons autorisés. Comme il peut le devenir si il change d’une catégorie à une autre. En cela, les analyses de P. Descolla, d’Y. Le Fur ou encore celle de S. Houdart sont authentiquement passionnantes.

Le dialogue des cultures
Actes de rencontres inaugurales du Musée du Quai Branly
Sous la direction de Bruno Latour
Editions Babel
10.50€


__Au sommaire de ce numéro d’automne, un dossier partagé et complémentaire sur les Ubangi, un autre sur l’Art de cour du Nigeria, puis un petit tour du coté des robes royales des indiens d’Amérique. Le portrait d’Enrico Donati, un portfolio sur quelques rois d’Afrique, l’actualité des musée, des ventes et des parutions. De quoi vous faire attendre dans sa juste mesure la prochaine édition hivernale.

Tribal Art
N°17
20€


__Où en sommes nous de la viabilité des Musées d’ethnographie dans une culture en perpétuelle évolution ? A quel genre de culture les musées contribuent-ils quand ils exposent les cultures du monde à l’heure d’une mondialisation qui voudrait mettre ces cultures sur un même rang ?
__A qui, en fin de compte, servent ces musées ? Aux scientifiques ? Aux collectionneurs ? A un public de plus en plus au fait des cultures de l’autre, du à la “ révolution ” Internet entre autres ?
__Et puis qu’est ce que la Culture aujourd’hui ? Comment intégrer sans désintégrer ces cultures, savoir leur faire profiter des plus de notre civilisation tout en les aidant à conserver les leurs ?
__Pour tenter de répondre, ou du moins ouvrir des portes à ce délicat problème, mis en exergue avec notamment l’ouverture du Quai Branly, plusieurs chercheurs, un directeur de musée et un marchand “ d’Art Tribal ” on mis leurs réflexions et leurs sens critiques dans ce petit livre. Petit par la taille mais grand par le propos, critique et polémique puisque certains textes peuvent aller à l’encontre de certains autres, mais dans le but avouable de faire progresser les choses.

Une collection salutaire et indispensable à tous ceux qui s’intéresse de près ou de loin à sa propre Culture et aux Cultures de l’ailleurs.(déjà parus : “ Nous Autres ” et “ Musiques Migrantes).

Culture & Cultures
Sous la direction de Réda Benkirane et Erica Deuber Ziagler
Collection “ Tabou ”
Ed : In Folio/ M.E.G 2007
12€


__Le catalogue de l’exposition organisée du 8 février au 31 mars à la galerie Liberal Bruant retrace le parcours du marchand P. Robin avec hommage appuyé de B. Dulon. On y apprend pas grand chose sur le peuple Bozo que l’on ne sache déjà, mais je crois que là n’est pas le propos de ce catalogue qui nous fait plus ressentir la passion d’un homme et de son attachement aux arts tribaux. Reste des objets d’excellente facture pour la plupart, toujours très haut en couleur qui contrastent violemment d’avec ce que nous avons l’habitude de voir ailleurs. A savoir aussi que ce théâtre de marionnettes aurait pu tout simplement disparaître si le gouvernement Malien ne s’était pas préoccupé de le défendre depuis son accession à l’indépendance en 1960. En effet, voilà plusieurs dizaines d’années que des troupes parcourent le monde sous l’égide d’organisations internationales, prévalant à une reconnaissance de cet art qui sans çà, serait devenu totalement obsolète dans bien des villages.

Bozo, masques et marionnettes du Mali. Collection Pierre Robin
Laurent Boudier, Bernard Dulon et Pierre Robin sous la direction de Louis Deledicq
Ed : Héritage Architectural 2007
30€


__Depuis quelques temps, les musées se questionnent sur les cultures des autres et leurs façons de les appréhender. Le Musées des Beaux-Arts de Rennes ne déroge pas à cette question qu’il se pose à travers cette exposition dont il nous reste un beau catalogue. Autours du cabinet de curiosités de Robien et des collections qui traînaient dans les réserves des Musées Bretons, se pose la question de comment penser l’autre selon sa propre culture ? Peut-on encore à l’heure actuelle continuer ce monologue de sourds qui nous a fait longtemps croire que nous pouvions aborder l’autre avec seulement notre regard d’occidental ?
__L’exposition qui s’est terminée le 4 mars, présentait environs deux cent objets provenant d’Afrique, d’Océanie, d’Amérique et d’Asie dont certains figurent parmis les plus anciens connus comme cette idole Mochica du Pérou ou encore ces statuettes érotiques Chinoises que l’on retrouvent dans ce catalogue.

Collecteurs d’Ames, du cabinet de curiosité aux collections extra-européennes des Musées Bretons.
Ed : Musée des Beaux Arts de Rennes
28€ (frais d’envois inclus)


__C’est en 1839 qu’officiellement nait la photographie grâce aux découvertes de Niépce et de Daguerre et son évolution technique sera vite connue hors des frontières de l’Europe industrielle, notamment dans l’empire Ottoman. Quelques décennies plus tard, des Européens installés dans les principales ville du Proche Orient, ouvriront des studios et formeront les premières générations de photographes locaux. La cour Ottomane ne restera pas insensible au pouvoir de la photographie et s’attachera relativement tôt les services de ces photographes Arméniens.
__Le catalogue restitue bien cette ambiance de fin de siècle où les notables posent dans des positions hiératiques et coordonnées, similaires aux photographies que l’on trouvaient par chez nous en cette fin 20ème . Cette création photographique constitue un témoignage salutaire sur un pays qui a connu de profonds bouleversements, elle est le témoin d’une époque révolue qui sans ces photographies, ne seraient peut-être jamais arrivée jusqu’à nous.

L’Orient des photographes Arméniens
Réalisé sous la direction de Philippe Monsel
Ed : Institut du Monde Arabe / Cercle d’Art 2007


__Actuellement, les musées se posent la question du regard que l’on peu porter aux objets entassés dans les réserves et par là même des cultures qui les ont crées face à de nouvelles données politiques, économiques et culturelles. Dans un monde mouvant, peut-on encore se poser les questions qui étaient à l’ordre du jour il y une cinquantaine d’années ? Evidemment non, les temps changent et à défaut d’avoir un regard critique sur le passé pour ne pas retombé dans les mêmes erreurs, appropriation des biens et dénie des cultures, le futur musée des Confluences pose un regard sur des thématiques fondamentales et obsessionnelles (pour reprendre le terme de M. Côté) comme les origines, l’existence, notre rapport à l’environnement, de nos actions et du désir de communication. Pour ce faire, l’exposition à réunie une sélection d’objets anciens et contemporains venus des quatre coins du monde. Mettre en parallèle un masque des Tapirapé du Brésil avec une œuvre contemporaine d’un artiste Inuit ou encore cette très belle statue Senufo avec un poteau totémique Australien créer par John Wilson en 2000, n’était pas une mince gageure. Pari réussi si on en croit l’affluence du public qui pourra en profiter un peu plus puisque l’exposition se prolonge jusqu’au 9 juillet. Les objets présentés ont été rarement vu et le propos rarement entendu et c’est là que réside tout l’intérêt de ce livre.

Cultures du monde, chefs-d’œuvre du musée des Confluences.
Ed : Mairie de Toulouse, Glenat, Aedelsa éditions 2006
39€


__Jacques Chirac rencontre en 1992, à l’île Maurice, le marchand et “ expert en arts primitifs ” Jacques kerchache. Le destin de plusieurs grands musées nationaux allait en être bouleversé. A la suite des grands travaux lancés par François Mitterrand, J. Chirac, une fois élu président de la République en 1995, souhaite laisser lui aussi sa marque dans le Paris muséal du nouveau millénaire : il décide de créer un musée qui sera consacré à ces arts dits ”premiers ”, à ces chefs-d’œuvre de l’humanité qui n’avaient pas eu droit à une présentation dans le grand Louvre.
__Onze ans plus tard, voici que se dresse au bord de la Seine, en zone inondable, un palais dessiné par Jean Nouvel. Dans une débauche de luxe, entourés d’images et de “ dispositifs interactifs ”, 4000 objets sont exposés à l’admiration et à la “ jouissance esthétique ” des futurs et nombreux visiteurs. Indéniablement, ils sont mis en valeur : pour chaque pièce présentées, 100 000€ auront été dépensés, auxquels il convient d’ajouter 12 500€ de fonctionnement annuel.

__Le nouveau musée est superbe. Mais fallait-il dépenser autant d’argent, et surtout tiendra-t’il ses promesses ?
__Qui rappellera dans quelles circonstances il a été pensé et construit ? Que, dénué de toute équipe scientifique, il est avant tout un établissement public “ à caractère administratif ”. Qu’il a été édifié sur les patrimoines de deux musées mis à mort, le musée national des Arts africains et océaniens et le musée de l’Homme, que leurs collections fabuleuses (plus de 300 000 objets), qui constituent un pan de l’histoire de l’ethnologie et de l’anthropologie françaises, ont été mises en caisse et ne sont plus accessibles ni aux chercheurs ni au public.
__Au prétexte d’en finir avec un supposé “ mépris des autres civilisations ” qu’auraient manifesté les musées nationaux depuis des décennies, c’est la connaissance des arts et civilisations africains et océaniens –principalement- qui a été sacrifié. Il se pourrait que certaines considérations post-coloniales et politiques, que des luttes de pouvoir et d’influence entre administrations aient conduit à la réalisation d’une grande et coûteuse aberration.

Le scandale des arts premiers. La véritable histoire du musée du quai Branly.
Bernard Dupaigne
Editions Mille et une Nuits
16 €


__Dés 1917 à Zurich, à l’époque du Cabaret Voltaire et un an avant la parution du célèbre Manifeste Dada, Tristan Tzara s’est passionné pour les Arts Africains et Océaniens, publiant dans la revue “ Dada ” une “ chanson du Cacadou ” de la tribu Aranda et une série de “ poèmes nègres ”, fruits de recherches sérieuses. Il fut ultérieurement reconnu comme l’un des rares connaisseurs des Arts dits Primitifs, constituant une précieuse collection tout en donnant sporadiquement de brefs essais sur le sujet. L’ensemble des ces interventions se trouve réunis dans ce livre avec les poèmes nègres qu’il avait recueillis et adaptés pour le lecteur Français.

Découverte des Arts dits Primitifs. Suivi de Poèmes Nègres
Tristan Tzara
Editions Hazan
16 €


__Une curiosité en cette rentrée que ce livre rédigé en 1910 et publié en 1919, soit cinq ans après la mort de son auteur. Au même titre que Negerplastik de Carl Einstein ou des Orbis Pictus d’Ernst Wasmuth, V. Markov fut l’un des tout premiers théoriciens européen de l’Art africain. Beaucoup moins connu que ses contemporains et pour cause, son livre ne fut jamais traduit en Français, Markov consacra la majeure partie de sa vie dans la recherche sur l’esthétique des Arts, peintre lui-même, il étudiera la période de la renaissance et des derniers primitifs, l’art populaire de Suède qui se révélera être pour lui la véritable source de la beauté plastique, lui ouvrant de nouvelles perspectives créatrices. Ses nombreux voyages le conduiront dans plusieurs musées d’Oslo, de Suède, de Paris ou encore de Londres et le conduiront tout naturellement à rédiger quelques livres dont L’Art de l’île de Pâques et L’Art de l’Asie septentrionale restent à découvrir. A la lecture de se livre, découvert par Dieudonné Gnammankou ( spécialiste des relations anciennes entre la Russie et l’Afrique) et traduit par Nathalie Saint-Jean Lecompte, on comprend mieux pourquoi les Arts d’Afrique ont révolutionnés les Arts plastiques de ce début de siècle, leurs permettant ainsi de “ sortir de l’impasse dans laquelle se trouvait l’Europe ”.

L’Art Nègre
Vladimir Markov
Editions Monde Global
29.90€


__Rare sont les expositions consacrées aux masques et à la statuaire du Népal, et peut-être plus rares sont les gens qui se sont penché sur leurs modes de vie, leurs cultures, leurs religions. On ne peut donc que saluer l’initiative de R. Vanuxem, d’avoir organiser dans sa galerie une exposition sur ce thème et d’avoir éditer ce catalogue dans lequel, grâce aux photographies d’Hugues Dubois, les objets prennent toutes leurs dimensions. Le texte de Marc Petit (A Masque Découvert. Regards sur l’Art primitif de l’Himalaya, Stock/Aldines, 1995), accompagné de photos de terrain de J.P. Girolami est une introduction simple de ces civilisations encore méconnues et une étude de style plutôt salutaire de cette statuaire qui, je l’espère, trouvera sa place parmis les grandes réalisations des peuples dits “ primitifs ”.

La Statuaire Archaïque de l’Ouest du Népal
Galerie Renaud Vanuxem
Catalogue d’exposition


__Il est vrai qu’une exposition sur les Arts du Cameroun prend à contre pied l’offre surabondante d’objets plus délicats, ayant depuis longtemps apprivoiser le regard occidental. Anonymes, comme la majorité des œuvres africaines, les sculpteurs travaillaient pour un groupe ethnique précis, dans un contexte socio-culturel qui déterminera leurs formes. C’est le pourquoi d’une sorte de répétition qui peu apparaître au premier regard et qui, en insistant un peu plus, s’estompe. L’exposition s’organisait en trois parties suivant premièrement deux régions distinctes, Douala et les zones frontières ( Keaka, Fang, Douala…), les royaumes du Grassland (Bamenda, Bamoun et Bamiléké), pour se terminer sur les objets perlés.
__Le catalogue suit le même principe et nous permet d’appréhender un Art souvent en marge des expositions. Les photos d’H. Dubois mettent en évidence les qualités plastiques des sculptures présentées et les textes de B. Von Lintig (auteur de plusieurs ouvrages sur les Arts d’Afrique) nous permettent de situer chaque objets dans son contexte. C’est un catalogue réussi .

Cameroun
Galerie B. Dulon
Catalogue d’exposition (textes Bettina Von Lintig – Photos Hugues Dubois)


__Comment faire le tour (dans la mesure du possible) de la culture d’un groupe et de ses arts sans tomber dans le déjà dit cent fois ni dans la recherche scientifique pointue qui frôle parfois les frontières de l’incompréhensible ? En demandant à des spécialistes des groupes étudiés de faire la synthèse des travaux réalisée jusqu’alors, en les agrémentant de photos d’objets reconnus par tous comme étant de véritables témoins d’une histoire souvent disparue. La gageure n’était pas évidente mais devant cette série de petit livres, on peut dire qu’elle est réussie. Après avoir situés les Chokwe dans le temps et l’espace, les différents chapitres traitent des figurines utilisées dans le rituel de la divination, de la statuaire liée aux cultes de possession Hamba, de la statuaire classique ancienne, des masques associés aux chefferies et aux rites initiatiques, comme aux sièges dont le symbolisme et la fonction sont révélateurs de la religion et de la structure hiérarchique des chefferies, ou encore des fameuses effigies de Chibinda Ilunga, le héros civilisateur des mythes d’origine. Le tout est accompagné d’une quinzaine de photographies de terrain issues des archives du Musée Royal de l’Afrique Centrale à Tervuren.

Chokwe
Boris Wastiau
5 Continents Editions
Visions d’Afrique vol I
24,50 €

__Dans ce livre, S. Price, historienne de l’art et professeur d ‘anthropologie à l’Université de William & Mary (Virginie), met à plat le statut que revêt l’art dit “ primitif ” aux yeux de la majorité des publics “ éclairés ” de l’Europe occidentale et des Etats-Unis.
__Son étude magistrale, introduite par une importante préface de Maurice godelier, s’appuie sur une enquête menée auprés de conservateurs des grands musées de collectionneurs privés et d’ethnologue. Elle prend en compte les travaux de critiques d’art comme W. Rubin, K. Clark, H . Kamer où encore R. Huyghe.
__S. Price approfondit le débat sur la notion objet d’art-objet ethnographique en explicitant les mécanismes multiples –des stratégies d’acquisitions aux modéles d’interprétation- qui ont permis de mettre en place la déshumanisation de l’Art primitif et de ses créateurs.

__Au moment où le Musée du quai Branly ouvre ses portes à Paris, la lecture (réédition de 1989 traduit une première fois en français en 1995), la lecture de ce texte s’impose pour comprendre les enjeux actuels et le regards porté sur ces arts dits “ primitifs ”.

Arts primitifs ; regards civilisés
Sally Price
Editions de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts
18 €


__Au détour des deux derniers siècles, la rencontre de l’art nègre à réveillé l’art européen à une époque où il se mourait d’une lente amnésie ; mais son entrée au musée a aussi allumé la guerre entre esthétique et anthropologie. La véhémence et la récurrence d’une telle discorde demandaient d’abord une critique et l’énoncé de critères rigoureux permettant de nous repérer dans un paysage nouveau.
__Mais le goût du plus simple et du plus archaïque, la fouille tenace jusqu’au cœur matériel et maternel des choses qui caractérisent ce qu’on appelle les ”Arts Premiers ”, continuent à travailler l’Art Contemporain, au point de constituer, peut-être, plus insistant que les autres, un signe des temps.
__Le continent africain resté encore pour beaucoup “ un grand trou sur la carte du monde ” (Sartre) est pourtant le lieu natal de l’humanité ; mais c’est seulement dans les œuvres auxquelles il a donné naissance que se manifeste la puissance de son génie. En elles s’abritent le secret de l’identité noire et pour une part celle de l’Occident.

C’est à une généalogie de cette passion de l’origine que ce texte est d’abord consacré.

La passion de l’origine
François warin
Editions Ellipses
14,50 €


__Même sentiment que pour le premier volume de cette série consacrée aux Chokwe. On ne pouvait demander à personne d’autre que L. Perrois de traiter un sujet qu’il connaît particulièrement bien puisqu’il y consacra une grande partie de ses recherches, comme de sa vie du reste. Après avoir situé les Fang dans l’Afrique équatoriale d’autrefois et des premiers contacts avec les blancs au XIX siècle, l’auteur nous amène dans leurs vies quotidiennes et traditionnelles, au sein de la société, de la famille, des systèmes de valeurs et de leurs règles de vie, du coté de leurs croyances et de leurs mythes avant de se pencher sur, à proprement parler, l’Art sculptural des Fangs, des différents styles qui le compose et des différents supports sur lesquels il se réalise.

Fang
Louis Perrois
5 Continents Editions
Visions d’Afrique vol II
24,50 €


__Publié à l’occasion d’une des expositions inaugurales du musée du quai Branly, ce catalogue abondamment illustré retrace les grandes lignes de l’histoire de ces masques fameux, depuis leur condition d’être composite, de chimère, à l’étude stylistique qu’il est possible d’en faire. Dépositaire d’une cinquantaine de cimiers reproduis dans ce catalogue, le musée révèle ainsi la richesse d’une collection prise pour la plupart dans les réserves du musée de l’Homme. On regrettera qu’aucune mention d’appartenance ne figurent dans les annotations, nous montrant ainsi que la reconnaissance ne fait pas partie de l’éthique de ce nouveau musée qui nie de la même façon le travail considérable mené par une grande quantité de chercheurs durant de nombreuses décennies.

Ciwara, chimères africaines
5 Continents Editions/Musée du quai Branly
25 €


__A l’image de la société dans laquelle nous vivons, les musiques du monde se rencontrent, s’entrecroisent, se métissent…et leurs influences marque pratiquement tous les domaines de la création contemporaine. Festivals, concerts, disques et médias : autant de relais qui contribuent à élargir nos horizons musicaux, à nous sensibiliser à des esthétiques nouvelles. La migration des musiques va bien sûr de pair avec celle de leurs interprètes. Musiciens de rue ou stars de la world music, les musiciens migrants font désormais partie de notre paysage musical. Mais ils doivent trouver leur place dans le grand concert des nations, souvent tiraillés entre les exigences de leurs héritage culturel et les enjeux économiques de leur nouveau statut. A travers une réflexion collective sur la mondialisation des pratiques musicales, cet ouvrage apporte de nombreux éléments nouveaux au débat sur les échanges en cours et sur les enjeux de la diversité culturelle.

Musiques Migrantes
Sous la direction de Laurent Aubert
Collection Tabou du Musée d’Ethnographie de Genève
Editions InFolio/MEG 2005
11 €


__Depuis cinquante ans, S. Diakonoff a parcouru le monde pour constituer une collection de plus de 900 masques et sculptures. Présentée dans cet ouvrage pour la première fois, cette collection est tout à fait représentative de se que sont les Arts de l’Afrique. Paradoxe de la diversité et de la cohérence, ce livre montre par la statuaire et son art de la sculpture du masque, ce qu’il y a de particulier dans la nature intellectuelle Africaine. Les objets présentés ici sont parfois totalement atypiques, quasi absents de l’iconographie classique à laquelle nous sommes si bien habitués.

L’Ame de l’Afrique. Masques et sculptures
Serge Diakonoff
Editions de l’amateur/ Georges Naef
48 €


__Une très belle collection de masques réuni pour cette exposition qui se déroule actuellement à la salle de Guyancourt dans les Yvelines. Une rencontre aussi entre plusieurs personnes passionnées par l'expressivité des Arts tribaux. Cela donne une belle idée de ce que l'on ressent quand on ouvre ce catalogue. Ces regards en creux, qui semblent venus du fond des âges nous scruter le fond de l'âme avec une intensité émotionnelle presque palpable, non rien à envier à leurs correspondants issus d'autres continents. Je crois que ça ne sert à rien d'essayer de décrire ce sentiment qui me tient la main devant cette variété d'expressions qui émanent de ces bois taillés. Je crois que le mieux est encore de se rendre à l'exposition et de se faire soi-même son propre regard. D'acheter ce catalogue pour garder une trace de cette culture encore peu connue et déjà vouée à une disparition certaine et prochaine, vu la rapidité que l'homme à de scier la branche sur laquelle il est assis.

Enigmes des montagnes, masques tribaux de l'himalaya
Catalogue de l'exposition organisée par F. Pannier autours de la collection de Gustavo Gili et Rosa Amoros.


__L'intêret de ce livre n'étant pas dans les photos des sculptures reproduites de multiples fois pour leurs valeurs ethnologiques et esthétiques dans de nombreux ouvrages, mais dans l'analyse que réalise L.Richard afin de démontrer dans quelles circonstances, comment et à quelles fins les objets crées dans ces sociétés anciennes dénuées d'écritures, ont été pris en considération par les occidentaux. L'originalité de cet ouvrage est de s'être solidement basé sur l'histoire et l'ethnologie afin d'apporter un éclairage nouveau sur un thème de nombreuses fois étudié.

Arts Premiers, l'évolution du regard
Lionel Richard
Edition du Chêne
59.90 €


__ Cette collection accumulée au cours de ces vingt dernières années montre une grande variété de styles. Un choix de collection qui a amener leurs auteurs à sortir dessentiers battus du classissisme africain. Chaque objet est accompagné d'un texte et la plupart des ces objets sont restés jusqu'à ce jour inédits.

Une passion pour l'Art Africain
Edition joèl Cuenot
50 €


__ Edition du livre paru pour la première fois en 1925 et encore jamais traduit en Français. Ce medecin spécialisé en psychiatrie qui parcouru les Mers du Sud s'épris des Iles Marquises à tel point qu'en l'espace de quelques mois (août 1897/février1898), tout en apprenant la langue, réalisa une somme de recherche, de collecte d'objets et de réçits qui reste à ce jour une référence pour tous ceux qui s'intérressent à l'ornementation des iles Océaniennes. A l'origine, trois volumes furent publiés.

Les Marquisiens et leur Art. L'ornementation primitive des Mers du sud. Vol I : Tatouage, Vol II : Plastique.
Karl von Den Steinen
Edition du Musée de tahiti et des Iles Te Fane Iamanaha
45 €


__Ce livre met à notre disposition l'exeptionnelle collection de Blaupain qui choisi ses objets pour leurs grande valeur plastique sans oublier l'aspect ethnologique dans ses recherches. Ces masques, statuaires et objets de la vie quotidienne nous permettent de faire un vaste tour d'horizon de ce que l'afrique nous offre de mieux dans ses arts. Beaucoup de photos pour des objets peu, voir quasiment jamais montrés.

Rêves de beauté
B. de Grunne
5 Continents edition
40 €



__Abondemment illustré, ce catalogue de l'exposition qui se tient jusqu'au 15 janvier 2006, nous propose un joli panorama de ce que l'Art des peuples des iles Marquises à su engendrer quand il s'agissait d'ornementation. Tout les procédés et supports y sont décris et dans la mesure du possible, leurs significations expliqués grâce aux légendes qui accompagnent les mythes que l'on retrouve dans les chants traditionnels, entre autres. Un beau catalogue pour ceux qui ne pourront pas voir l'exposition.

Adorning the World, Art of the Marquesas Islands
The Metropolitan Museum of Art
24 €


__Les Téké ont, il y a fort longtemps, développé une civilisation qui est l'une des plus anciennes du bassin congolais, portée par une langue elle aussi très ancienne. De tous les royaumes qui ont marqué l'histoire de l'Afrique Noire, le royaume téké demeure certainement l'un des plus vivants dans la mémoire des peuples, par sa situation géographique au coeur de l'Afrique centrale, mais aussi par son étendue et la puissance de ses rois. Cet ouvrage est un condensé d'informations sur cette civilisation, son histoire, sa culture, ses traditions et ses croyances.

LE ROYAUME TÉKÉ
Eugénie Mouayani Opou
ed de L'Harmattan, 156 pages 14,5 €


__Cette étude générale est le résultat de plusieurs enquêtes menées sur le terrain entre 1941 et 1951. Par suite de l'éparpillement des Songhay entre les territoires du Soudan, Niger, de la Haute-Volta, du Dahomey et du Nigeria britannique, aucun travail de synthèse n'existe encore sur ce groupement de plus d'un demi-million d'habitants et dont l'influence culturelle dépasse largement le nord de la boucle du Niger. Ce travail constitue une synthèse sur ce groupement. (réédition)

LES SONGHAY
Jean Rouch
ed de L'Harmattan, 100 pages 14 €


__Ce catalogue est ce qu'il reste d'une belle exposition organisée par Maine Durieu dans sa galerie du 57 quai des grands Augustin. Rare sont les articles traitant des Gan, peuple assimilé aux Lobi, vivant au Sud-Ouest du Burkina-Faso, encore plus rare sont les expositions qui leur sont consacrés. C'est désormais chose faite et cette exposition, dont le livre en est le superbe reflet, est à la mesure de la passion que nourrie M. Durieu pour ces "petits" objets. Que dire de plus sinon d'aller vous procurer ce catalogue où les petits objets ressortent magnifiquement grandis et où le texte de B. Goy nous en apprend beaucoup plus sur un peuple pacifique trop longtemps rester dans l'ombre de ses voisins les Lobi.

Bronzes Gan, la spirale du serpent
Textes de Bertrand Goy
Edition Sepia
35 €